Entretien publié le 16/12/2009 - Soleo 21
Comenius Regio offre des perspectives tout à fait nouvelles de coopération régionale pour que collectivités territoriales d’Europe et monde éducatif construisent ensemble l’école de demain.
Adam Pokorny, qui pilote l’unité Comenius à la Direction générale « Education et Culture » de la Commission européenne, est optimiste sur l’avenir de ces partenariats de nouvelle génération qui élargissent considérablement la palette du programme Comenius.
Soleo : L’idée de « Regio » a été avancée par le Parlement européen dès 2005. Quels en sont les acteurs et les enjeux ?
Adam Pokorny : « A la demande de madame Doris Pack, députée européenne et rapporteur sur le programme Education et Formation Tout au Long de la Vie, le Parlement européen a suggéré de modifier la proposition de décision pendant la procédure de codécision. Cette proposition, acceptée par le Conseil de l’Union européenne et par la Commission européenne, a permis d’introduire, au sein des partenariats Comenius, une coopération éducative entre régions transfrontalières.
La mise en oeuvre de Comenius Regio a été assurée par un groupe de travail rassemblant un certain nombre d’acteurs-clés dans chaque pays participant : des agences nationales, des ministères, des membres du Comité des régions et de différentes associations européennes.
Cette nouvelle coopération Regio rappelle l’importance des responsabilités des collectivités territoriales en matière d’enseignement scolaire, et les invite à entrer pleinement dans la coopération européenne, en échangeant expériences et bonnes pratiques.
Ce programme veut prouver que les établissements scolaires ne sont pas des entités isolées, mais coopèrent de plus en plus avec des partenaires extérieurs : une bibliothèque, un club de sports, une organisation de jeunes, un institut de formation des enseignants. Les occasions d’apprentissage informel et non-formel relèvent des options éducatives proposées aux élèves par une région ou une municipalité.
Il peut s’avérer plus efficace de résoudre certains problèmes tels que l’intégration scolaire des enfants issus de l’immigration, le développement de l’esprit d’entreprise ou encore la réduction de la sortie prématurée du système éducatif, avec l’appui de partenaires non-scolaires, locaux ou régionaux ».
S. : Quel est le bilan du premier appel à candidature ?
A. P. : De nombreuses régions européennes se montrent très intéressées et les premiers résultats de l’appel à candidatures 2009 sont assez prometteurs. 448 régions européennes ont sollicité un financement, pour appréhender des questions aussi diverses que le départ précoce de l’école ou la transition école emploi.
Le concept est ambitieux, certes, mais nous avons reçu beaucoup de réactions positives et nous sommes très optimistes pour l’avenir de Comenius Regio. Nous pensons que cette action va enrichir la coopération européenne dans le secteur scolaire et qu’elle apportera aux collectivités territoriales, les financements nécessaires pour améliorer les possibilités d’éducation des enfants d’âge scolaire ».
La Catalogne est, historiquement, parmi les 17 Communautés autonomes d'Espagne, l'une des plus dynamiques, avec des compétences très vastes en matière politique, économique, éducative et de recherche. Ses pouvoirs législatifs lui permettent, comme les autres régions autonomes d'Espagne, de peser à tous les niveaux du système éducatif catalan. Sa représentation permanente à Bruxelles et ses relations avec les régions d'Europe n'en sont que plus actives et attentives. Mireia Solé Llort, Directrice de la Délégation du
Gouvernement de la Catalogne auprès de l'Union européenne s'en explique.
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