Article publié le 16/02/2010 - Soleo 21
Patricia De Smet assure la coordination des projets Erasmus au sein de l'unité Enseignement supérieur à la direction générale Education et Culture de la Commission européenne. Responsable géographique pour la France et la Belgique, elle suit la mise en oeuvre et les résultats du programme Erasmus dans ces deux pays.
« Les missions de notre direction générale s'inscrivent dans le cadre d'une coopération politique avec les États membres de l'UE, qui sont entièrement responsables de leur propre système d'éducation et de formation. Elles visent à améliorer la qualité des systèmes d'apprentissage et à offrir de meilleures opportunités à chacun, à tous les stades de la vie. Concrètement, la Commission européenne met l'accent à la fois sur la coopération avec les autorités nationales et les parties prenantes européennes au niveau politique et la mise en oeuvre de programmes de financement. Il existe une forte volonté d'interaction entre le politique et les programmes, qui se reflète dans notre organisation interne et dans mes missions.»
« J'ai des responsabilités dans des domaines qui me permettent de rester proche du terrain et de développer des actions transversales comme l'évaluation des résultats du programme, ou plus thématiques, dans le domaine de la coopération enseignement supérieur-entreprise. Rappelons à ce propos que, depuis 2007, Erasmus propose de nouvelles actions qui servent cet objectif : les stages d'étudiants qui recueillent un grand succès et les projets centralisés de coopération, moins connus. Indépendamment du programme, je contribue à des actions plus politiques comme le suivi du processus de Lisbonne.»
« Le rôle des agences nationales est essentiel pour la réussite du programme. Ce sont elles qui, au sein du cadre fixé par la Commission, sont chargées de la mise en oeuvre des actions de mobilité et des programmes intensifs. La Commission attache beaucoup d'importance à une bonne collaboration avec les agences et une bonne connaissance du terrain. J'ai pu moi-même constater et apprécier la coopération et l'engagement des
équipes Erasmus au sein des agences.»
« Ce qui a été accompli en 22 ans est énorme ! En 1987, ce sont quelque 3000 courageux étudiants qui se sont lancés dans l'aventure. En 2008, on en
recense 180.000, soit 60 fois plus ! Actuellement, il y a plus d'étudiants qui partent en une semaine qu'en un an, lors du lancement d'Erasmus, et plus personne ne doute de l'apport personnel et professionnel induit par une mobilité à l'étranger. Erasmus est devenu synonyme de mobilité, en ouvrant la voie à l'idée que la mobilité ne devrait plus être l'exception mais
la règle.»
« Le programme a contribué à l’amélioration, à l’ouverture et à la modernisation à la fois des établissements d’enseignement supérieur et des
politiques éducatives. Il conduit à l’innovation dans des domaines essentiels, comme les méthodes d’enseignement et d’apprentissage, la reconnaissance des périodes d’études, les services d’aide aux étudiants, les activités de recherche, la coopération avec les entreprises et la gestion institutionnelle. Erasmus a par ailleurs inspiré cinq des six lignes d’actions de la Déclaration de Bologne.
Dans le cadre du programme intégré Education et formation tout au long de la vie, l’une des évolutions les plus significatives d’Erasmus a été de soutenir la modernisation des universités et de sortir du monde académique en intégrant le développement dela coopération entre l’enseignement supérieuret l’entreprise.»
« Une large phase de consultation sera lancée pour le programme post 2013, qui tiendra compte des évolutions rapides du contexte international : la possibilité pour tous les citoyens, de se former tout au long de la vie reste une priorité. Le programme actuel EFTLV couvrant plus de 60 objectifs, on peut s'attendre à un recentrage du nouveau programme sur des objectifs moins nombreux mais plus ciblés.
La mobilité, dont les bénéfices ne sont plus à démontrer, restera une action clé. Lors de la dernière réunion ministérielle du processus de Bologne, qui a eu lieu en avril en Belgique, les ministres chargés de l'enseignement supérieur ont fixé un objectif ambitieux : d'ici 2020, 20% au moins des diplômés de l'espace européen de l'enseignement supérieur devraient avoir bénéficié d'une période d'études ou de formation à l'étranger. On constate cependant dans les Etats membres anciens, une diminution de la demande de mobilité pour les études et un intérêt croissant pour d'autres formes de mobilité. Le rôle d'acteurs-clés, comme les enseignants, est souligné régulièrement et mérite qu'on réfléchisse à des formes d'intervention nouvelles pour les soutenir. Le budget enfin, devra être à la hauteur des actions et des résultats attendus.»
« Pour le programme 2014-2021, la Commission prendra l'initiative de rédiger une proposition de décision tenant compte de l'expérience acquise et des évaluations du programme actuel. Cette proposition de décision sera soumise à l'approbation du Conseil et du Parlement européen suivant la procédure dite de « codécision ». Instituée par le traité de Maastricht (et simplifiée par la suite) pour renforcer le poids du Parlement européen dans l'adoption de décisions et de directives dans certains domaines, elle permet à celui-ci d'adopter certains actes communautaires en partenariat avec le Conseil de l'Union européenne : les deux pouvoirs doivent s'accorder sur le texte. Cette procédure a pour effet de multiplier les contacts entre le Parlement et le Conseil, les co-législateurs, ainsi qu'avec la Commission européenne. L'adoption du programme post 2013 se fera en parallèle avec
l'adoption des nouvelles perspectives financières pour la période 2014-2021.»
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