Article publié le 20/10/2008 - Soleo 19
En 1998, personne n'aurait pu penser que le processus de la Sorbonne-Bologne allait devenir central dans l'évolution de l'enseignement supérieur en Europe mais aussi dans le monde. En structurant l'espace européen de l'enseignement supérieur autour de principes communs tout en respectant la diversité des contextes, le processus de Bologne a permis de nombreux changements.
Patricia Pol
Vice-présidente, chargée du développement international
PRES Paris-Est
Expert de Bologne
Organisation des études en trois cycles (licence/master/doctorat) pour 82% des établissements en Europe (résultat du rapport d'étape de l'European University Association EUA : Trends V*, mai 2007), chaque cycle pouvant permettre de poursuivre ses études ou de travailler conformément au cadre européen des certifications ; mise en place d'outils de reconnaissance académique : crédits ECTS dans 75% des établissements ; Supplément au Diplôme ; Assurance qualité dont les contours sont définis dans les « ESG », European standards and guidelines, c'est-à-dire les « références et lignes d'orientation » définies par l'ENQA** (European Association for Quality Assurance in higher education).
Cette structuration permet d'aller progressivement vers un changement de paradigme : définir une offre de formation centrée sur l'étudiant dans une perspective de meilleure adéquation à un marché du travail et une société de la connaissance de plus en plus exigeants. Ainsi, l'insertion professionnelle, plus connue en Europe sous le concept d'employabilité, est-elle devenue une préoccupation majeure de nos décideurs, mais aussi de tous les établissements d'enseignement supérieur. En amenant progressivement l'ensemble des acteurs universitaires à penser la définition des crédits et l'offre de formation en termes de résultats d'apprentissage (learning outcomes) pour que les étudiants acquièrent des compétences, le processus de Bologne est une étape importante pour diminuer la distance qui sépare le monde dit académique du secteur économique et social.
Beaucoup de travail reste à faire du côté des universitaires encore très centrés sur leur contenu de cours, leur indépendance académique et croyant encore trop souvent que le développement des compétences est l'apanage des entreprises ; aussi du côté des entreprises qui ne comprennent pas toujours, en France notamment, que les universités sont capables de former des diplômés dont les connaissances et les compétences ne s'opposent pas mais sont bien au contraire totalement interdépendantes.
L'équipe des experts de Bologne a centré ses activités 2008-2009 sur cette dimension : faire connaître les acquis et les outils du processus de Bologne aux futurs employeurs des diplômés de niveaux licence, master et doctorat ; poursuivre les débats avec les établissements, les enseignants, les administratifs, les étudiants sur l'intérêt et les limites d'une approche européenne des formations par les compétences.
Deux « journées nationales » des experts sont en préparation pour 2009, avec les différents acteurs : CPU, CDEFI, DGES, DREIC***, représentants d'entreprises et d'associations de directeurs de ressources humaines sur les thèmes des crédits ECTS, des compétences, du cadre européen et national des certifications et de la mobilité au niveau des études doctorales.

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