Article publié le 14/04/2009 - Soleo 20
Le député européen, Jean-Marie Beaupuy prône un Erasmus pour les élus locaux, insistant sur la nécessité qu'il y pour eux à échanger avec leurs homologues européens sur les problématiques actuelles de gouvernance : « pourquoi réinventer à Stockholm ce qui se fait à Toulouse dans les domaines de l'environnement ou des transports ? » Il a trouvé un soutien en la personne de Fabrice Lachenmaier, fervent européen qui, depuis 1996, a mis en œuvre seize projets transnationaux dans les domaines de la formation, de l'éducation et de la culture, en s'appuyant sur les programmes financés par la Commission européenne. La formation des élus l'intéresse, il est lui-même maire d'une petite commune, Le Mas, dans les Alpes- Maritimes. « La gouvernance, dit-il, est aujourd'hui totalement à revoir avec les euro-régions (323 en Europe) ; les élus auront besoin de nouvelles formations pour forger une culture commune de gouvernance des fonds européens ».
Président fondateur et directeur de l'association Idées nouvelles Europe, association qui cherche à renforcer la promotion de l'Europe dans l'éducation, Fabrice Lachenmaier cumule des compétences d'élu, d'expert dans la mise en œuvre de coopérations transnationales, de formateur au montage de projets, de rédacteur et de directeur de collections éditoriales.
Sous la bannière de l'association Idées nouvelles Europe qu'il a créée en 1996, il a monté un projet Leonardo mobilité qui, selon lui, offre l'occasion de construire des partenariats européens pour découvrir des pratiques plus anciennes que les nôtres (par exemple en Espagne, avec une décentralisation effective et réussie), de réfléchir à la mission de l'élu local dans le contexte européen, et enfin de travailler sur l'avenir professionnel de l'élu qui quitte ses fonctions. « Leonardo mobilité constitue un cadre parfait pour ce public dont les besoins en formation sont manifestes ».
Les partenaires du projet sont la municipalité de Rome, l'association des maires des Alpes-Maritimes et Progesti@ en Espagne.
« La plupart des élus en sont convaincus. Même les plus eurosceptiques veulent comprendre les mécanismes européens et s'inscrivent dans une démarche d'ouverture sur les questions qui les touchent personnellement : leur statut précaire, leur mission publique de plus en plus élargie et responsabilisante. Notre difficulté ne consiste pas à expliquer les bénéfices d'une mobilité en Europe mais à ajuster les agendas. Je suis heureux d'apprendre que nos problématiques sont partagées par les élus d'Europe, notre partenaire espagnol a mobilisé toutes les autorités locales et régionales pour recevoir notre première délégation. N'oublions pas que les élus sont des prescripteurs de l'idée européenne au même titre que les enseignants et les médias. Notre projet souhaite aussi les sensibiliser sur leur rôle actif dans la mobilisation des électeurs en juin 2009. »
Fabrice Lachenmaier fait donc figure de précurseur en matière de mobilité des élus. Son équipe et celle du député Jean-Marie Beaupuy travaillent d'ailleurs ensemble. Si son projet Leonardo da Vinci est doté par la Commission de 24 000 euros, le projet pilote « Erasmus des élus » a reçu pour sa part 2 millions d'euros, votés par le Parlement européen. Ce projet, qui débutera fin 2009, devrait profiter dans un premier temps à 500 élus.

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