Joël Cazal : un entêté de l’international…

Article publié le 14/04/2009 - Soleo 20

Un article : Leonardo da Vinci

Joël Cazal est originaire du Causse de Gramat dans le Lot, une région rude et aride. Avec son caractère entier, « tignous » comme on dit chez lui, il n'a jamais relâché la pression ni remis en cause son engagement. Il est tombé très tôt dans l'international. Dans le cadre d'une association d'étudiants créée à Brive, il organisait déjà pour ses collègues les premiers voyages d'étude : en Hollande pour découvrir l'univers Philips, en Autriche et en Italie pour la visite des usines Fiat.

Un bon ouvrier est une personne qui travaille toujours avec sa tête

Devenu professeur d'enseignement professionnel, il démarre sa carrière en 1976 au lycée Benoît-d'Azy de Fumel, où il enseigne en section BEP électrotechnique. Depuis plus de vingt ans, avec la complicité de son épouse - tient-il à souligner - il n'a de cesse de redonner confiance à des élèves souvent démotivés et en mal de reconnaissance. Pour lui, la technique et le culturel sont liés et il adhère totalement à la devise d'un de ses collègues, pour qui « un bon ouvrier est une personne qui travaille toujours avec sa tête. »

Attentif au contexte économique local, il trouve une parade aux délocalisations des entreprises voisines qui accueillaient jusqu'ici ses élèves : désormais, ils vont découvrir l'Europe et le marché du travail européen.
C'est le début du projet Euroélectriciens, qui a pour finalité le placement des élèves dans des entreprises en Europe. Les premiers contacts se font avec l'Espagne, grâce au soutien du conseil régional d'Aquitaine et au plan de financement Aquitaine-Euskadi-Navarre. Depuis, le partenariat s'est progressivement élargi : dix pays aujourd'hui, dont la France, l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Autriche, la Roumanie, le Portugal, la République tchèque, la Pologne et la Turquie cette année, avec une vingtaine d'établissements de formation privés ou publics, une trentaine d'entreprises du secteur électrique et de nombreuses institutions locales, régionales ou nationales.

 

La réussite des élèves en ligne de mire et un engagement constant

Mais où trouve-t-il toute cette énergie ?

« Il s'agit pour moi d'un enrichissement humain et culturel énorme. Plus qu'un réseau de professionnels, j'ai réussi à créer un réseau d'amis et nous nous entraidons les uns les autres. J'ai l'impression que nous apportons notre humble contribution à la réalisation d'une Europe un peu plus fraternelle. »

Scolarisés en zone rurale, les élèves tirent grand bénéfice de ce projet en termes d'ouverture culturelle, d'acquisition de capacités d'adaptation ou de compétences linguistiques. Un sondage réalisé à l'occasion du dixième anniversaire des projets européens au lycée professionnel de Fumel indique que tous les élèves ayant bénéficié de ces stages européens ont aujourd'hui un emploi.